La dernière fois que j’ai pris un vol de plus de dix heures, j’ai fait l’erreur classique : rien préparé. Zéro. Je me suis dit « bah, il y a l’écran devant, je vais regarder trois films et hop ». Sauf que l’écran a bugué au bout de 40 minutes et que le personnel m’a gentiment expliqué qu’ils « ne pouvaient rien faire ». Super.
Autant vous dire que j’ai passé les 9h30 restantes à contempler le dossier du siège devant moi.
Le mythe de l’écran individuel commence à s’effriter
Justement, en parlant des écrans à bord. Vous avez peut-être vu passer l’info : plusieurs compagnies commencent à les supprimer sur leurs nouveaux appareils. Le principe est simple, elles misent sur le fait que 90% des passagers voyagent avec un smartphone ou une tablette, donc pourquoi s’embêter à installer (et surtout entretenir) un écran par siège qui pèse lourd, consomme de l’énergie et tombe en panne régulièrement.
Perso, je trouve ça un peu radin comme logique, mais bon.
Le résultat concret : sur certains vols, notamment les nouveaux long-courriers opérés avec des appareils comme l’A321XLR (que des compagnies comme Iberia sont en train de déployer sur des liaisons transatlantiques), il faut soit se connecter au wifi de bord via son propre appareil, soit apporter son propre contenu. Franchement, c’est le moment de repenser complètement la façon dont on prépare un voyage long.
Ce qu’il faut charger AVANT de partir
Sérieusement, ne comptez plus sur « je téléchargerai à l’aéroport ». Entre les wifi capricieux, les gates qui changent, et les gens qui accaparent les prises électriques, c’est un pari perdu d’avance. Je prépare toujours mon téléphone la veille au soir, tranquillement à la maison.

- Des séries en téléchargement offline sur Netflix ou Prime Video (au moins 6-8 épisodes)
- Deux films minimum, dont un que je n’ai pas envie de rater à cause d’un endormissement
- Des playlists musicales complètes, pas juste « mes favoris »
- Au moins un podcast long format (les épisodes de 3h façon interview fleuve, c’est parfait)
- Un livre audio pour les moments où je veux fermer les yeux sans dormir
- Un ou deux bouquins en version Kindle
Les vraies bonnes idées pour occuper 10h+ dans un tube
Le truc c’est que même avec tout ça, à un moment donné, vos yeux vont fatiguer. Regarder un écran pendant 8h d’affilée, c’est violent pour la rétine, surtout dans un environnement sec comme une cabine d’avion.
Il faut varier les plaisirs.
Les activités « sans écran » que je recommande
J’ai fini par me constituer une petite trousse de survie que j’emporte systématiquement. Un carnet et un stylo (oui, à l’ancienne), un jeu de cartes format voyage, et parfois un petit livre de mots croisés ou de sudoku. Ça paraît vieux jeu mais quand vous êtes coincé au-dessus du Groenland avec 6h de vol restant, croyez-moi, un bon sudoku, ça devient jouissif.
Autre idée que j’aime bien : profiter du vol pour trier ses photos de téléphone. On dit tous qu’on va le faire un jour. Un vol de 11h, c’est LE moment.
Les jeux mobiles en mode avion
Là il faut faire attention parce que beaucoup de jeux mobiles nécessitent une connexion permanente. Avant de partir, testez chez vous en coupant le wifi et les données. Les jeux de réflexion type puzzle marchent presque tous offline. Les jeux de gestion aussi. En revanche, tout ce qui touche au multijoueur ou aux applications de divertissement en ligne (pour ceux qui aiment jouer sur Lucky31 ou n’importe quelle plateforme du genre, par exemple), oubliez pendant le vol, sauf si vous avez pris le wifi payant et que vous voulez tester si votre débit à 39 000 pieds tient la route.
Spoiler : la plupart du temps, non.
Bouger, boire, dormir : la partie physique
On oublie souvent que « s’occuper » sur un vol long, ce n’est pas juste occuper son cerveau. Le corps aussi a besoin d’être géré. J’ai croisé récemment des passagers qui partaient pour la Coupe du monde 2026 aux États-Unis (avec les Diables rouges belges qui ont décollé récemment, ça a bien buzzé), et le truc dont les journalistes parlaient le moins, c’est justement comment ces gens tiennent 8-9h dans un avion — notamment les plus âgés, pour qui la technologie au service des seniors peut pourtant devenir une vraie alliée pour passer le temps et rester connectés.
Le secret c’est de bouger. Toutes les 90 minutes, minimum, je me lève. Je vais faire semblant d’aller aux toilettes, je m’étire dans la petite zone près des sorties de secours, je discute deux minutes avec un membre d’équipage si l’ambiance s’y prête.
| Moment du vol | Activité recommandée | À éviter |
|---|---|---|
| 0-2h après décollage | Manger, film léger | Alcool, écran trop intense |
| 2h-5h | Sommeil ou lecture | Café, stimulants |
| 5h-8h | Étirements, série, podcast | Rester assis sans bouger |
| Dernières heures | Hydratation, film, préparer l’arrivée | Nouveau repas lourd |
L’hydratation, j’insiste. L’air en cabine est aussi sec que dans le désert. Je prends toujours une grande bouteille d’eau après les contrôles de sécurité et je la fais remplir à la fontaine avant l’embarquement.
Le facteur « low cost long-courrier » à anticiper
Le low cost sur les longues distances se développe (Lyon Saint-Exupéry, par exemple, cherche activement à attirer ce type de vols). Ce qui veut dire des billets moins chers, oui, mais aussi moins de services inclus. Pas de repas gratuit, pas d’écran, parfois pas de couverture, siège plus serré.
Il faut vraiment adapter sa préparation à ce type de vol :
- Prévoir ses propres snacks (compotes, barres, fruits secs)
- Emporter un petit coussin de nuque gonflable
- Un pull chaud, même en été, parce que la clim en cabine c’est le Pôle Nord
- Une batterie externe chargée à bloc (les prises USB ne sont pas garanties)
Et quand tout ne se passe pas comme prévu
Dernier point, et pas des moindres : parfois le vol est retardé, dérouté, ou annulé. On l’a bien vu avec les récentes perturbations à Dubaï et Abu Dhabi, où la reprise s’est faite au compte-gouttes. Dans ces cas-là, votre « programme de vol » devient un programme d’attente en aéroport, et ça, ça se prépare différemment. Un chargeur, un truc à lire — ou pourquoi pas tenter de joindre un support client par email pour régler un dossier en suspens — et une bonne dose de patience.
C’est aussi pour ça que j’aime bien avoir toujours un livre papier au fond de mon sac à dos. Il tombe jamais en panne de batterie, lui.
Bon vol.